Confinement-déconfinement, Père Charles Claver Ndandu

Confinement-déconfinement-« reconfinement » ; première vague, deuxième vague, bientôt troisième vague, voilà un cycle qui rythme notre vie quotidienne de l’intérieur vers l’extérieur et vice versa. Nous faisons l’expérience pascale de la mort – résurrection que symbolise la pierre qui bouchait la tombe de Lazare et celle du Christ, « qui est la résurrection et la vie ».

 

Rouler la pierre qui nous confine, est devenue l’énigme de la vie et du combat quotidiens. 

Comme pour Marie et compagnies : qui va rouler pour nous l’énorme pierre qui confine le corps du Seigneur dont l’accès devient de plus en plus difficile ? Qui roulera pour nous la pierre Covid-19 et ses conséquences pour que nous vivions normalement en paix et apaisés ? Qui délivrera nos bouches et nos narines de ces masques qui, comme la pierre tombale et les langes qui couvraient le corps du Seigneur, nous étouffent ? Le souffle n’est-il pas la vie, le sacrement de l’Esprit Saint ? Qui nous délivrera alors du Covid-19 et de ses conséquences ?

 

Pourtant, les femmes trouvèrentle tombeau déjà ouvert et la pierre roulée à côté. Qui l’a roulée pour elles et pour le Christ enfermé, mais ressuscité ? Que de solutions adviennent malgré nous ! « Nous ne sommes pas toujours la mesure de toute chose », car il y a aussi la providence et l’imprévisible, le spirituel et l’indécidable, et les réponses que donne la nature.

 

Lesdisciples et la Mère du Seigneur étaient confinés au Cénacle. Leurs cœurs étaient aussi en confinement, dans une prison intérieure.Et dans Jn 20 “Alors que les portes et les fenêtres étaient fermées et verrouillées à la fois, Jésus était là, présent au milieu d’eux et leur donnait la Paix”. Sorti du confinement mortellement irréversible, le Christ a brisé toutes les prisons qui enfermaient la vie et qui confinaient l’espérance et la joie de vivre.Désormais, le ressuscité a accès partout où la vie est enfermée, confinée et verrouillée. Rien ne lui résiste : il entre, et se rend simplement présent, comme il l’avait promis : « Et moi, je serai avec vous tous les jours, dans tous les contextes et toutes les circonstances de votre vie, jusqu’à la fin des temps ».

 

Ici surgit le thème de l’espérance et de la providence, de la confiance et de la persévérance. Car malgrétoutce qui nous arrive ou qui se trame autour de nous, « rien n’est impossible à Dieu ». Avec une foi confiante et une espérance inébranlable, tenons bon et ferme, puisque « ni le Covid-19, ni ses diverses conséquences, ne peuvent nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur.»Lui, qui a vaincu la mort et qui est vivant en nous et pour nous. « En tout ce qui nous arrive, nous sommes des grands vainqueurs », si nous croyons qu’il a libre accès à tous les espaces et toutes les zones de nos confinements, de nos peurs et de nos égoïsmes intéressés. Aussi fermés et verrouillés soient-ils, comme le Cénacle de la communauté de disciples, la Pentecôte, le kairos du Saint-Esprit, ne tardera pas de les dynamiter, de ressusciter et de mobiliser la communauté de foi, encore tiède, découragée et impuissante face à cette heure de ténèbres où la maladie et la mort semblent l’emporter. 

 

Voilà, un chemin d’espérance, une piste parmi tant d’autres que nous pouvons emprunter pour renforcer la solidarité fraternelle et la pastorale de proximité qui sont le cœur de notre vivre-ensemble et du message évangélique de l’Alliance d’amour et de l’Incarnation. En effet, Jésus-Christ n’a-t-il pas étendu ses bras sur la croix, « pour rassembler dans l’unité, les enfants de Dieu dispersés » par différents maux, évènements, catastrophes et épreuves ! Alors, « Seigneur, que ton amour soit sur nous, comme notre espoir est en toi ».

Alléluia, alléluia

Père Charles Claver Ndandu, curé et responsable de notre unité pastorale