Covid-19 / Témoignages

Retrouvez ici quelques témoignages en ce temps de confinement…

Témoignage de Michel Musimbi

Quel est l’impact du coronavirus sur votre travail quotidien et émotionnellement comment gérez-vous le risque que vous courez dans votre travail d’aumônier d’hôpitaux et chez vous à la maison ?

Cette pandémie du Covid-19 qui touche aussi bien les patients, les soignants que quiconque ne se protège pas m’ébranle et nous ébranle tous d’un point de vue humain. Je travaille comme aumônier d’hôpitaux sur deux sites : celui des Cliniques de l’Europe (Ste Elisabeth) et celui du Centre Hospitalier Dr Jean Titeca (Psychiatrie). Pauline mon épouse travaille en maison de repos ; donc tous les deux, nous sommes vraiment des personnes à risques étant donné que nous côtoyons au jour le jour les patients dans leurs chambres.

Émotionnellement, je suis parfois hanté à mon retour à la maison de ce qui se vit au sein des cliniques. Tout au début de l’épidémie, chaque fois que j’arrivais le matin à la clinique aucune personne extérieure à la Clinique à l’accueil ; pas un patient aux bornes d’inscriptions ; un calme pesant. Là, je sentais qu’il se passait quelque chose. Dans les couloirs des unités un calme total régnait. Vu les règles d’hygiène imposées pour éviter la contamination, l’accès aux patients était quasi arrêté.

En ce moment-là, le stress me gagnait parce que j’ai malgré tout peur jusqu’aujourd’hui d’être infecté au bureau, dans l’ascenseur, dans une chambre, dans le couloir, bref, la peur est là en permanence. Même si je respecte toutes les mesures prescrites, je me demande toujours si je suis suffisamment protégé. Mon plus gros stress, comme celui de mon épouse, est de penser que je constituerais un danger pour ma famille. J’ai des jeunes enfants de 3 à 6 ans. Ce n’est pas parce que je n’ai pas de symptômes que je ne peux pas être porteur. Cela vaut aussi pour mon épouse. Mon épouse et moi-même prenions régulièrement notre température mais difficile d’appliquer certaines mesures comme la distanciation sociale avec des enfants de 3 et 6 ans qui nous collent à la peau. Difficile d’être calme, de ne pas me demander chaque fois que j’ai un mal de gorge ou un rhume si je ne suis pas atteint. La peur de nous retrouver ma femme et moi en réanimation, entubés pendant des semaines ; que deviendraient nos enfants sans papy ni mamie ici ! Nous avons bien expliqué aux enfants de ne pas nous approcher chaque fois que nous rentrons à la maison tant que nous n’avons pas encore pris notre douche et changé de vêtements et les enfants ont bien compris cela.

Le travail en équipe est extrêmement important pendant cette période. Il faut pouvoir compter les uns sur les autres. Nous nous organisions pour ne pas déserter les sites ; ainsi une collègue au sein de l’équipe s’efforce, avec une tablette, d’établir un contact skype entre un patient Covid-19 et sa famille.

Quand je monte dans les unités, je vais d’abord voir les infirmières dans leurs box pour qu’elles me disent dans quelles chambres ma visite est souhaitée, et j’observe toutes les règles prescrites avant d’entrer dans une chambre ; jusqu’à présent ces patients n’ont pas de visites de leurs familles et nous sommes là en équipe pour leur apporter le réconfort moral.

Tout compte fait, je me sens comblé de faire ce que je fais. Faire une prière avec un patient, lui donner la communion et qu’en retour il me demande combien il me doit comme si nos visites étaient monnayées ; ou bien, lorsque je sors d’une chambre, deux patientes se parlent alors que je suis encore à la porte, je les entends dire : « ah ! Ce monsieur, c’est un chrétien, on ne lui doit rien ! » Je reviens sur mes pas et je leur dis qu’on ne doit rien à la pastorale ; que tout est gratuit ; je vous apporte juste un peu de rayon de soleil d’Afrique ; elles sourient et l’une qui dit à l’autre : « il a de bonnes oreilles ! » J’ai de bonnes oreilles par ce que j’ai tout entendu !

Faisons tout par amour ; ainsi, il n’y a pas de petites choses ; tout est grand !

Michel Musimbi Mbu Misch

Témoignage de Pascal Majerus

Etrange époque que nous vivons.

Ce qui m’a le plus frappé durant ces deux mois de confinement, c’est le rythme nouveau que j’ai tout naturellement adopté.

Mon espace s’est rétréci, mon salon est devenu le centre du monde et le balcon mon premier rivage. Le temps a soudainement pris une autre consistance. J’ai fait connaissance avec un temps long, où tout est devenu plus lent. L’impatience des premiers jours s’est vite effacée devant une certaine résignation. Fini la course quotidienne, les rendez-vous multipliés à l’infini ou les engagements qui se succèdent du matin au soir. Terminés les cinémas et les théâtres, finis les week end à la côte ou les balades en forêt. Les heures passent, les jours succèdent aux semaines, sans transition. Les journées se sont ponctuées d’un nouveau rythme, celui des applaudissements de 20 heures, de la promenade du midi, des conversations au téléphone.

Renouer avec ce temps long a été une belle surprise dont j’aurais, je pense, la nostalgie.

Mais il y a aussi des temps nouveaux à apprivoiser, celui de la file au magasin, celui de l’angoisse de tomber malade ou de la peur d’apprendre des mauvaises nouvelles, celui des associations sortie/lavage des mains, celui des minutes que je compte avant de pouvoir enlever ce masque qui me fait suffoquer. Un temps fait de peur et de crainte, lié à un avenir tellement incertain.

Mais il y a aussi un autre temps que j’ai pu expérimenter durant ce confinement, tout aussi inédit et ignoré, un temps qui m’était mystérieux avant la crise : celui de l’espérance.

Non pas une attente éthérée et inaccessible d’une vague promesse ou d’un avenir meilleur, mais plutôt une attente concrète et incarnée de renouer avec des petites choses perdues :

ce temps qui me sépare de mon prochain café en terrasse, d’une visite au cinéma ou de la première messe à revivre en communauté ; ce temps qui diminue avant de pouvoir revoir mes proches ; le temps enfin qui file vers le moment où ce virus ne sera plus qu’un mauvais souvenir.

Questions de semaines ou de mois ?

L’espérance a aussi adopté avec cette crise un temps palpable et mesurable !

Témoignage d'Anna Mózes

Le déconfinement

Ce mot réveille des émotions contradictoires en moi. Soulagement et peur, joie et inquiétude, confiance et appréhension s’alternent.

Depuis 2 mois, j’ai l’impression de vivre dans deux mondes parallèles. D’une part, dans le monde de mon travail à l’hôpital où je m’occupe de « l’arrière-front », c’est-à-dire que j’essaie de soutenir les personnes en souffrance psychique par téléphone ou appel vidéo car elles ne peuvent plus venir nous rencontrer, et je tente aussi d’aider, tant bien que mal, ceux qui sont à l’hôpital, coupés de leur réseau de soutien habituel.

Mon autre monde est celui de la maison avec les enfants qui ont perdu leurs repères quotidiens et qui ne trouvent pas du tout drôle l’absence de l’école et souffrent du manque de relations sociales extra-familiales. C’est un monde ralenti, trop vide. Je fais mon possible pour les accompagner dans cette expérience étrange, mais je me rends compte que ce sont eux qui ont grandi et m’aident.

Quand j’entends « déconfinement », je ressens un soulagement car les personnes qui se sont retrouvées du jour au lendemain sans réseau d’aide et de soutien, dans la solitude absolue, des personnes qui n’ont pas pu échapper à leurs vieux démons qui se sont réveillés avec le silence, des couples et des enfants qui subissent de la violence intrafamiliale vont pouvoir trouver de l’aide.  Les malades vont pouvoir être soignés à nouveau.

Puis, très vite, apparaît l’inquiétude. Si c’était trop tôt, si c’est juste un faux sentiment de liberté, de soulagement ? Si nous devons recommencer à nous confiner, ça serait beaucoup plus compliqué…

Je pense que le plus dur est encore à venir et que nous avons besoin les uns des autres. J’espère que la « distanciation sociale » ne deviendra pas une excuse pour devenir aveugles et sourds aux difficultés des autres. De ma part, je vais tenter d’être attentive à la manière dont chacun traverse cette crise, qui ne disparaîtra pas sans trace.

Je prie pour que le monde change un peu et que les gens saisissent l’opportunité d’attendre une réponse réelle après s’être salué par un « Ça va ? ».

Témoignage de Paule Sabine

En ces temps difficiles, en ce moment de pénitence et de grand stress, où le monde entier voit partir leur famille, amis, collègue et autre, nous ressentons une grande fragilité, on se rend compte que la vie est si précieuse.

J'aimerais beaucoup que notre seigneur JÉSUS Christ soit au cœur même de nos unités hospitalières, qu'il nous protège et nous garde, qu'il nous donne surtout la force d'avancer et de continuer de soigner les autres dans leur détresse, que l'esprit saint nous habite pour que nous trouvions de bons mots pour redonner espoir et pour réconforter les malades et surtout leurs familles qui sont pétrifiées de peur et qui ne peuvent pas voir leurs proches malades ou les accompagner dans leurs derniers moments sur cette terre .

Que DIEU nous garde !

Paule Sabine
Aide Soignante

Témoignage de Christiane et Pierre Louis

Comment avons-nous vécu le confinement ???

Comme tout un chacun, nous avons ressenti une privation, une sensation d’isolement …

Ne plus pouvoir faire ses courses au quotidien, être privé de toute relation sociale et surtout être privé de la rencontre avec ses enfants et petits-enfants, c’est le plus dur…

Les files dans les magasins nous ont reportés à la guerre ...

Nous avons appris à vivre autrement, petite promenade, beaucoup de lectures mais ce qui nous a fait du bien, ce sont les coups de fil donnés ou reçus qui nous permis de garder des contacts avec nos amis, la paroisse …

Temps d’écoute, de partage, d’amitié.

Nous avons appris à prier autrement, via la TV, les sarments forestois

Merci à tous ceux qui nous ont aidés

Nous avons reçu beaucoup d’attention de voisins, de la famille

Nous devons profiter de chaque moment, des petites joies au quotidien et croire en la possibilité d’un avenir meilleur de retrouvailles et de paix pour chacun, chacune !

Christiane et Pierre Louis, mai 2020

Témoignage de Marie-Claire Michaux

A toi Covid qui as empoisonné nos existences.
La plupart d’entre nous ne s’attendait pas à ta venue ni, surtout, à ce que tu t’incrustes ainsi dans nos vies.
Tu les as chamboulées, voire démolies dans bien des domaines.
Non seulement tu as apporté la maladie mais aussi la mort.
La mort dans nos familles, la mort de nos amis.
Tu nous as obligés à vivre le « confinement », tiens voilà un mot auquel on ne pensait pas, mais c’était sans compter sur ta venue.
Ainsi, tu nous as privés de travail, de relations sociales, nos enfants de scolarité.
Tu as épuisé nos médecins, nos infirmières et toutes les personnes qui se sont dévouées pour te combattre.
Tu as tout mis en œuvre pour nous abattre où que nous soyons dans le monde et quelles que soient nos occupations, tu nous as même privés de nos célébrations religieuses, mais… ce que tu as oublié Covid c’est que nous avons ce que tu ne pourras pas nous prendre :

la Foi en Dieu qui n’abandonne pas ses enfants, et la foi en tous ceux et celles qui travaillent à te combattre, les scientifiques, les médecins, les laborantins et les hommes et les femmes qui risquent leur vie à ton contact.
Ceux et celles qui, dans ce but, ont renoncé à leur vie familiale pour être certains de ne pas contaminer leurs proches.

tu as oublié que nous avons :

l’Espérance. Cette Espérance que nous donne notre Foi et qui nous soutient dans les plus grandes épreuves, qui nous relève et empêche la désespérance.
Nous avons l’espoir de voir arriver bientôt le jour où tu seras vaincu grâce au travail des chercheurs, grâce à ce que chacun aura fait pour te combattre.

tu as aussi oublié que nous avons :

la charité. Que nous avons, nous les êtres humains, des ressources inépuisables de charité dans lesquelles nous n’hésitons pas à puiser pour nous entraider.
Tu me diras qu’on peut faire mieux ? sans doute mais c’est aussi à cause de toi que nous y arriverons parce que le confinement et les sacrifices auxquels tu nous obliges nous amènent à réfléchir quant à ce qui est important et superflu.
Ce qu’il serait bon que nous changions ou améliorions. Toute épreuve est source de changements.
Alors, comme le demande notre pape François, sachons « nous débarrasser de la mondanité » pour ne garder que l’essentiel.

Ainsi, Covid, après tous les drames que tu auras occasionnés, lorsque tu auras quand même perdu la partie, nous nous retrouverons plus forts et plus unis dans un monde sans doute meilleur. Espérance.

Marie Claire, mai 2020

Témoignage de Francoise Jamez

Confinement ne veut pas toujours dire solitude !
Je pense aux familles nombreuses resserrées dans d’étroits espaces.
Je pense aux hôpitaux confinés dans leur bulle-fourmilière.
Pour moi, bien logée, bien nourrie, bien accompagnée par la famille, les amis, que craindrais-je ?

Le silence ? quelle merveille !

Je relis St Jean et j’y trouve :
" Jésus lui dit (à la samaritaine) : " Femme, crois-moi, l’heure vient où ce n’est ni sur cette montagne, ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. L’heure vient, nous y sommes (sic) où les vrais adorateurs adoreront le Père dans l’Esprit et la Vérité (...)"

Oui, nous y sommes, nous prions à la maison.
Ce virus peut tout nous prendre, mais pas ce que nous trouvons au plus profond de nous-mêmes.
Le Royaume de Dieu est LÀ, en nous et il ne nous échappe que si nous le laissons s’échapper.
Accrochons-nous à cette forme de silence bienvenu et fécond.
Le Royaume n’est pas seulement pour "après", il est pour maintenant.

Mais, je l’avoue, en dehors de ces moments de douce euphorie, je ressens aussi la lassitude d’un quotidien devenu routinier et solitaire.

Courage et confiance !

Francoise Jamez
Mai 2020

Témoignage de Micheline Boquet

Confinement….confinement…confinement…

Espérons que, petit à petit, il n’y aura plus de confinement nécessaire pour nous rendre plus attentifs à cet affreux virus.

J’apprends à vivre encore plus paisiblement à l’intérieur de l’appartement.

Les jours sont longs, il faut s’organiser, rester propre en cas d’une improbable visite « masquée ».

Mais il y a aussi des moments de profonde paix comme lors de la messe de 10 h à Lourdes. Je confie alors toutes choses à Marie.

Après le repas, le repos et le temps de penser aux autres.

Heureusement il y a le téléphone qui permet de rester en contact avec des personnes seules, elles sont nombreuses et les signes d’amitiés nous réconfortent.

Parfois, je regarde par la fenêtre les amoureux bras dessus, bras dessous, confinement…. ? connaissent pas.

Une petite dame promène son chien, en vitesse, avec son masque (pas le chien). Un papa promène ses enfants ; l’un ou l’autre va faire ses courses.

Puis la soirée se passe en pensant à toutes ces personnes confinées depuis

longtemps, aux soignants, aux sans abris.

Et je termine la journée en demandant au Seigneur d’être aux côtés de tous ceux qui ont tant besoin de lui.

Micheline Boquet
Mai 2020

Témoignage de Marc Willocx

Bonjour à tous,

Ce temps de confinement, je le vis comme un temps de réflexion et de découverte.

C’est pour moi une occasion de penser à ce qui est important dans ma vie en discernant ce que je ne peux plus faire et qui me manque vraiment : à bien y réfléchir cela ne représente finalement pas beaucoup d’activités si ce n’est les rencontres avec mes proches…. Jésus y compris.

C’est donc aussi le moment de se préparer à revivre ces rencontres de manière d’autant plus intense et profonde à la fin de ce confinement, comme si c’était la première fois.

D’autre part, c’est une occasion de découvrir la richesse et l’inventivité de nos différents groupes, famille, amis, communauté paroissiale pour communiquer via internet mais cela reste difficile de se limiter à ces échanges par technologie interposée.

C’est enfin le temps de vivre les joies simples qui peut-être, dans le tourbillon de notre vie active nous échappaient ou nous paraissaient trop banales : la joie de voir la nature resplendir au printemps, la joie de saluer amicalement nos voisins en applaudissant tous les soirs à 20 heures, la joie de découvrir les multiples initiatives solidaires qui émergent un peu partout etc….

Depuis le 29 avril, Vinciane et moi, nous vivons en plus la très grande joie d’accueillir notre première petite fille mais aussi la très grande frustration de ne la connaître que par les photos reçues sur un écran.

Nous attendons donc avec impatience le moment de cette première rencontre avec elle.

Marc Willocx

Mai 2020

Témoignage de Albert Verhoeven

Tous les soirs, depuis quelques semaines, nous nous retrouvons, comme beaucoup de par le monde, sur le pas de nos portes, aux fenêtres ou sur les balcons pour applaudir et dire merci.

Un moment toujours émouvant. Une parenthèse dans notre vie confinée.

De nombreuses pensées pour les soignants. Et quelques échanges bien enrichissants avec les voisins.

Ana, ma voisine, est violoniste à l’Orchestre National de Belgique. Son mari est professeur de violon. Elle est moldave et lui russe. Pendant la Semaine sainte, Ana s’est lancée dans l’organisation de concerts de violon de quelques minutes se déroulant, du haut de sa fenêtre, juste après les applaudissements. Une façon pour elle de remercier. De remercier tous ceux qui se battent en première ligne et, en particulier, un couple de voisins (Leïla est infirmière aux urgences et Stéphane est ambulancier volontaire). Deux moments musicaux deux soirs de suite tous les quelques jours. Du Bach, du tango, du jazz, de la musique folklorique, et bien d’autres belles mélodies. Son père (Constantin Rusnac), compositeur moldave et figure musicale de son pays, ému par cette initiative, a écrit un duo de violon pour l’occasion. Ana et Igor l’ont partagé avec nous dans une rue soudainement plongée, après la vague d’applaudissements, dans un silence profond et une intense émotion.

Le chant du violon se portant par-delà les murs, quelques personnes des rues avoisinantes nous rejoignent régulièrement à l’heure de ces rendez-vous. Et pour ne pas perdre ces rituels musicaux les soirs où le violon prend son repos bien mérité, certains se lancent aussi dans l’aventure. Ainsi un soir, un autre voisin -irlandais celui-ci- a empli la rue et le cœur de chacun d’un vieux chant celte (en gaélique) particulièrement émouvant.

Ces rencontres musicales, comme d’autres aspects de ma vie à l’heure du confinement, m’aident à rester connecté avec le monde, avec les autres et avec d’autres choses qui me sont importantes. Les célébrations à Saint Pie X me manquent toutefois. Encore un peu de patience…

Albert Verhoeven

11 mai 2020

Témoignage de Liévin SABU LAWU

J’espère que vous vous portez tous bien et tout va comme vous voulez dans vos foyers malgré ce confinement imposé mais nécessaire en vue d’éradiquer cette pandémie de Covid19.

S’il est vrai que cette situation nous a empêché de pouvoir se réunir à l’église pour prier et communier, il est tout aussi vrai que dans ma famille on essaie de vivre le confinement en CHRÉTIENS. Autrement dit, dès les débuts nous avons saisi cette occasion pour chercher à grandir dans notre ESPÉRANCE, notre CHARITÉ et surtout notre FOI en Jésus Christ.

En effet, Nous avions suivi la semaine sainte et le temps Pascal en famille et intégralement en usant des ressources du web étant donné les circonstances.

Parallèlement, nous avons pu retrouver la prière du chapelet en se faisant accompagner par la fraternité NDML (Notre-Dame mère de la lumière). Il s’agit d’une fraternité de la Normandie qui se confie à l’intercession et la protection de la vierge Marie. C’est ainsi que chaque jour à 19h00 nous nous réunissons pour notre prière de chapelet quotidien suivi de partage de « panier à petits pains de la parole de Dieu » des ateliers d’Emmaüs.

Grande est notre joie de faire découvrir la parole de Dieu aux enfants autrement et ensuite de partager les expériences et témoignages liés au sujet du jour.

Puisque nous ne savons pas encore la date de déconfinement concernant les messes, nous suivons chaque lundi des enseignements pour la préparation à la Pentecôte 2020 avec la session de renouveau.

Malgré toutes ces alternatives pour continuer à garder cette flamme de l’Amour, nous avons hâte de retourner prier dans la maison du Seigneur en communauté chrétienne.

Pour conclure, nous avons fait une similitude entre la vie des premières communautés chrétiennes et la situation actuelle. Ainsi, la première lettre de Paul aux chrétiens de Thessalonique au chapitre 4 nous demande de nous encourager les uns les autres. Nous vous exhortons également à vous encourager mutuellement.

En union de prières, je vous dis à bientôt

Liévin SABU LAWU

Mai 2020

Témoignage de Christiane Dauwe

Les 10 commandements de la joie

  1. La joie à Dieu, demanderas
    Chaque matin fidèlement
  2. Calme et sourire montreras
    Même en cas de désagrément
  3. En ton cœur, tu te rediras
    « Dieu qui m'aime est toujours présent »
  4. Sans cesse, tu t'appliqueras
    A voir le bon côté des gens.
  5. La tristesse, tu banniras
    De toi impitoyablement.
  6. Plainte et critique éviteras ;
    Il n'est rien de plus déprimant
  7. A ton travail, tu t'emploieras
    D'un cœur joyeux allègrement
  8. Aux visiteurs réserveras,
    Un accueil toujours bienveillant.
  9. Les souffrances tu réconforteras
    En t'oubliant totalement.
  10. En répandant partout la joie
    Tu l'auras pour toi, sûrement.

De Gaston Courtois

Lu dans le livre de Guy Gilbert : Bouge-toi, la vie est belle

Témoignage de Soeur Michelle, S.U.

Bonjour à tous !

Heureuse, au nom de ma communauté Ste-Ursule, de rejoindre la grande famille des Sarments Forestois !

Je vous partage tout simplement quelques activités ou attitudes qui sont les miennes durant ce temps "interminable" de confinement ...

Essentiellement, j'essaye de garder le contact avec les personnes ou réseaux avec lesquels j'avais une proximité ou un rôle...

Mais je privilégie toujours en premier ma famille : frères, neveux et nièces, petits-neveux, avec la joie de regarder des vidéos qui témoignent de leur croissance et de leur humour !

Chaque semaine, sur Zoom (que j'ai appris à manier sur tablette...) nous avons une rencontre avec le C.A. du " Ballon rouge" = Service petite enfance - 0/3ans- qui dépend du mouvement " Vie Féminine".

Ce service, destiné en priorité aux familles en précarité, est chargé d'une "Halte d'accueil" et de "20 accueillantes" à domicile.

L'Ecole S.U. garde bien sûr toute mon/notre attention !... Comment un début de rentrée peut-il se faire ? ? ?

Très régulièrement, j'ai un contact avec une jeune infirmière plongée dans les soins avec beaucoup de courage.

Quelques téléphones réguliers à des amis, des anciennes collègues, et dans des homes, permettent des conversations qui rassurent les uns et les autres.

Bien sûr, notre communauté rejoint par téléphone les sœurs SU en France.

Certains(nes) d'entre vous en connaissent l'une ou l'autre : Colette à Paris,

Jacqueline et Christiane à Besançon.

Et pour terminer avec un GRAND MERCI, de temps en temps à notre maison du 36 Armures, retentit un petit coup de sonnette :  courses ou gâteries nous attendent !

A tout bientôt, au prochain appel des cloches ! !

Sr Michelle, S.U.

Témoignage de Monique Van Overstraeten

Bonjour à toutes et tous,

Pendant ce confinement, j’ai prêté attention aux paroles de François, notre pape, il y a beaucoup de créativité chez nos contemporains grâce à cette pandémie mais le Pape a parlé de la créativité de l’Amour.

L’Evangile reste un texte à méditer. La parole du Christ, c’est une parole qui aime et peut être méditée à l’infini.

L’amour a cette particularité de susciter sans fin des mots nouveaux (je l’ai expérimenté avec les nombreux messages de mes enfants et petits-enfants…).

Sans l’amour immense de ma famille (et en cela je compte aussi la famille chrétienne, les paroissiens que je rencontre), aurais-je pu donner un sens à cet amour de Dieu.

Dieu nous appelle en permanence à trouver, avec nos dons propres, un sens à la vie, la beauté de la nature qu’il a créée pour nous….

Espérons que nous apprendrons tous à la respecter davantage, à prendre soin de notre maison commune…

Le monde souffre terriblement, mais à la suite de St Paul « quand je suis faible, c’est alors que je suis fort » parce que la grâce puissante de Dieu m’aide.

J’ai conscience que Dieu veille, il suffit de le prier chaque jour pour qu’il nous indique la voie à suivre, je m’y essaie.

Etre attentif à tout ce qui blesse une personne, pardonner, rendre service, n’est-ce pas cela être chrétien ? L’amour seul est la source qui donne sens à l’existence. Dieu est amour, ayons confiance !

Le christianisme est une voie d’humanité, de sagesse…

Je ne crois pas qu’il faille être chrétien pour aimer, nous n’avons pas ce monopole mais croire en Dieu est un immense stimulant.

Voilà quelques réflexions que je me suis faite ces dernières semaines.

Merci à KTO, au site des sarments forestois pour les messages et les pistes données…merci à Anicet de célébrer chaque jour la messe au nom de la paroisse...

Je reste en union de prières avec vous tous, prenez soin de vous,

Monique

Témoignage de Françoise Biot

Mon ressenti par rapport au confinement

Personnellement j’apprécie que le silence dans la ville fasse ressortir tous ces gazouillements et autres bruits de la nature environnante.

Cette impression que d’une part le temps s’est arrêté mais que d’autre part en arrière-plan plein de choses se passent, télétravail, réorganisation de la vie de tous les jours, aide et solidarité….

Je me sens en communion avec le monde entier malgré les contacts plus rares, mais aussi plus profonds.

Par contre, et c’est un ressenti tout à fait personnel, nos réunions dominicales me manquent, l’esprit de communauté, les chants, les réflexions de nos prêtres,…

J’espère en tout cas que cet intermède nous servira à améliorer notre futur et à apprécier chaque instant de notre vie.

Françoise Biot

Témoignage de l'abbé Anicet à l'hôpital Erasme
Samedi 25 avril 2020, j'ai été appelé pour donner le sacrement des malades à une personne Covid19 à l'hôpital Érasme.
J'étais accompagné d'une aumônière. A l'hôpital, c'est un silence de mort.
On voit à peine les personnels soignants qui circulent.
Le local du patient est bien sécurisé et pour y entrer il faut une très bonne protection.
On s'habille un peu comme des astronautes : une blouse de protection, deux gants, un bonnet, une lunette de protection et en plus du masque que tu as, il te faut un autre masque plus adapté.
Le patient est couvert des fils rattachés au respirateur, il est presque méconnaissable.
La prière se passe sans la présence de la famille.
C'est triste.
A la sortie, il faut tout enlever avec prudence, la tenue de protection à jeter dans une poubelle.
Je me suis rendu compte du travail que font ces personnels soignants : non seulement qu'ils doivent échanger les tenues de protection à tout moment, non seulement qu'ils soignent mais aussi ils accompagnent les personnes décédées à la place des familles. Ils font un sacré boulot et méritent nos applaudissements.
En les écoutant, Ils ont besoin de parler, d'échanger.
Je propose de penser à ces personnes qui se sacrifient jour et nuit et sans arrêt pour sauver des vies et de prier pour elles.
Elles méritent notre respect et nos encouragements.
Abbé Anicet placide Ngboyo
Témoignage de Françoise Lequarré

Hallucinant !

Cette exclamation me poursuit depuis le début de l’épidémie ici en Belgique.
Un des plus petits êtres vivants tient le monde entier en otage. Notre vie se réduit à ne rien faire de mieux que de rester le plus possible chez soi ! Hallucinant !

Fini les restos, les voyages, les sports, les loisirs, le shopping, les sorties avec les amis, le ciné, le tennis, l’équitation, le golf, le fitness…. Pour les enfants, fini les copains, l’école, les stages, l’équitation, le tennis, le foot, … Et j’en passe. Il nous a tout enlevé, tout détruit. Nos activités que nous aimons tant sont réduites à rien. Hallucinant !

Soljenitsyne dans « le pavillon des cancéreux » citait par la bouche d’un de ces personnages, (le couple avait perdu tous ces biens), cette phrase merveilleuse : « ce n’est pas la qualité de vie qui fait le bonheur d’un homme mais la liaison des cœurs entre eux ».
Et en vérité, la seule chose que même ce petit être vivant ne peut m’enlever, c’est la joie intérieure. Hallucinant !

En réalité je découvre que les trépidations du monde qui forment notre soi-disant qualité de vie m’empêchent de rentrer au-dedans de moi, dans mes profondeurs. Dans ce « je » profond en moi qui peut faire naître la confiance, l’affection, la délicatesse, la sincérité, la joie.
Ce tréfonds de moi, mon âme, est le lieu où Dieu réside en moi. Là où demeure ce « je-ego » et « je-suis Dieu ». Hallucinant !

C’est ce petit être tueur, féroce, agressif qui aujourd’hui, me donne le temps de faire un merveilleux voyage intérieur. Aller chercher au fond du moi l’histoire de ma vie entre mon cœur et le cœur de Dieu. Dans le calme et la sérénité faire ce lien de cœur. Hallucinant !

Et maintenant je peux écouter le cœur de Dieu qui jaillit du cœur de l’homme, j’ai écho de tous ses actes posés de bonté, d’imagination, d’entraide, de générosité, de souci de l’autre, d’encouragement de créativité.
Les hommes retrouvent le sourire et le soir à la fenêtre dans mon quartier ils applaudissent pour la vie. Timide les premiers jours mais de plus en plus bruyant, soutenu par les cloches de nos firs clochers. Hallucinant !

Et demain avec l’Eglise, prions pour qu’on puisse continuer à s’émerveiller sur l’hallucinant de ce monde meilleur qui vient où l’homme doté d’une intelligence nouvelle pourra se ressaisir et croire en lui comme producteur de l’amour plutôt que consommateur de biens matériels.

Françoise Lequarré
Oblate missionnaire de Marie Immaculée (I.S.)