Echos de la messe chrismale en la cathédrale des Saints Michel et Gudule

 

Une foule nombreuse attend le cardinal De Kesel ce mardi 12 avril en la cathédrale bruxelloise. Assisté par Mgr Kockerols, évêque auxiliaire de Bruxelles, le primat de Belgique préside la messe chrismale dans une cathédrale comble – certaines personnes sont debout, faute de place assise. A ses côtés, ont répondu présent des dizaines de prêtres et diacres, dont des têtes plus reconnaissables que d’autres, comme Mgr Franco Coppola, nonce apostolique pour la Belgique, l’abbé Luc Terlinden, Vicaire général de l’Archidiocèse de Malines-Bruxelles, le doyen Benoît Lobbet, curé de la cathédrale, ou encore le père Tommy Scholtes, porte-parole francophone de la Conférence des évêques de Belgique.

Le cardinal tient particulièrement à signaler la présence de l’abbé Oleh Zymak, prêtre rédemptoriste belgo-ukrainien et ancien responsable de la Communauté ukrainienne à Jette. Sentant la guerre se profiler à l’horizon, le père Oleh, doctorant à Rome, a tout quitté pour se rendre auprès des siens en Ukraine et venir en aide aux victimes de la guerre. Il a vécu sous les bombes pendant près de 40 jours.

                                                         © Sébastien De Bock (catho-bruxelles)

Une messe chrismale sous le signe de l’unité

Mgr De Kesel entame la célébration en communiquant sa joie de commencer la semaine sainte par cette messe particulière qui, au-delà de ses spécificités, est une manifestation d’unité : l’unité entre communautés linguistiques, la cérémonie se déroulant en français, néerlandais, anglais, avec un peu de latin ; mais aussi l’unité des peuples face à un contexte global peu réjouissant, fait de pandémie, guerres, baisse de l’influence de la foi dans la vie publique, etc.

Mais, face à l’adversité et aux obstacles qui se dressent, l’espoir est toujours là. « A l’époque de Jésus les défis étaient aussi de taille », rappelle Mgr De Kesel dans son homélie« Le Judaïsme en tant qu’institution était sclérosé et stérile. Pourtant telle est sa certitude : le Royaume de Dieu est tout proche ! […] Jésus annonce une espérance. Le changement, le renouveau, la conversion sont possibles. L’heure n’est pas aux représailles ni au règlement de comptes mais bien à un temps de grâce. »

                                                            Homélie de Mgr De Kesel © Sébastien De Bock (catho-bruxelles)

Tous prêtres … et serviteurs à la fois !

Dans la suite de son homélie, Mgr De Kesel évoque le livre d’Isaïe et plus précisément l’épisode de l’exil du Peuple de Dieu. Malgré la situation difficile qui y est rapportée, l’espoir reste présent car l’Esprit saint est sur le prophète Isaïe. Résonne déjà dans les paroles d’Isaïe les grandes lignes de l’Evangile, joyeuse et bonne nouvelle, que Jésus lui-même annoncera bien des siècles plus tard. Mgr De Kesel : « Lorsque cette bonne nouvelle est annoncée et que l’année de grâce commence, alors dit le texte d’Isaïe « vous serez appelés tous prêtres du Seigneur ; on vous dira servants de notre Dieu »« .

Mgr Kockerols © Sébastien De Bock (catho-bruxelles)

Pour le primat, un prêtre c’est celui qui rend possible l’Alliance à Dieu. C’est le Christ qui incarne pour toujours ce rôle, faisant de nous des enfants de Dieu, faisant de nous tous des prêtres mais aussi des serviteurs. Ce double rôle met en avant qu’il ne s’agit pas de se croire supérieur aux autres pour autant. « C’est dans cet esprit que le Pape François nous invite à prendre le chemin synodal », souligne Jozef De Kesel. « Il ne s’agit pas seulement de quelques changements ou adaptations, aussi nécessaires soient-ils. Nous sommes vraiment en train de tourner une page. C’est l’intime conviction du Pape […] : que seule une Église synodale a un avenir. »

L’heure est ensuite aux prêtres et diacres présents de renouveler leurs voeux. S’ensuit la bénédiction des huiles des malades, destinées aux baptêmes et du Saint-Chrême puis la prière universelle, avec des intentions en différentes langues dont le portugais et le Kinyarwanda.

Après la communion, monseigneur Kockerols prend spontanément la parole. S’adressant au Cardinal, il dit : « Après deux ans, je suis  heureux de vous revoir dans votre cathédrale ». En effet, cette période a été marquée par la pandémie mais aussi par la lutte contre un cancer pour Mgr De Kezel. Ce dernier prend à son tour la parole pour partager sa grande joie d’être présent et remercier tout un chacun pour ses prières. Son allocution est très chaleureusement applaudie par le millier de personnes présentes.

Après la bénédiction finale, la procession de sortie est l’occasion pour chacun d’applaudir à nouveau le cardinal à son passage.

© Sébastien De Bock (catho-bruxelles)

extrait de cathobel le 14 avril 2022 
Messes chrismales en Belgique : Des églises combles et des fidèles comblés ! – Le site de l’Eglise Catholique en Belgique (cathobel.be)